La graphologie dans le processus de recrutement

Entretien avec Pascale Jousse, graphologue, paru dans Serendip News n°9, février 2013.

Existe-t-il encore une place pour la graphologie dans le recrutement de cadres et, si oui, quelle est-elle ?

Le recrutement d'un cadre exige certaines connaissances et compétences : une connaissance des métiers, de la diversité des niveaux de responsabilités, des compétences requises… Le graphologue possède une vision de l'entreprise, la connaissance des différents postes et métiers en fonction de la taille et de la nature de l'entreprise, qu'il a acquise lors de sa formation et tout au long de son parcours professionnel.

Un descriptif complémentaire, avec les attentes réelles et spécifiques de l'entreprise, lui permet d'étudier la personnalité en fonction de ces exigences.

La graphologie permet-elle de mettre en évidence des traits de personnalité ou des compétences professionnelles ?

La méthodologie de la graphologie est basée sur l'observation et la classification rigoureuses des genres et espèces de l'écriture, enrichies par d'autres approches (psychologie, psychopathologie…). Elles permettent un regroupement « en syndromes », qui permet à son tour l'ébauche de la personnalité du scripteur.

La description de la personnalité s'articule alors selon trois plans : l'intelligence (forme de raisonnement, jugement…), le niveau d'activité (niveau d'organisation…) et l'aspect relationnel (sociabilité). Le compte-rendu décrit les attitudes et les réactions de la personne selon les situations et les contextes.

L'étude graphologique permet également de décrire ses capacités d'adaptation, sa réactivité, ses capacités d'initiative, son niveau d'autonomie.

Quels sont les éléments les plus facilement observables, et ceux qui sont plus difficiles à détecter ?

L'observation de l'écriture permet de déceler le niveau d'analyse et de synthèse du candidat, son aptitude au management, la nature de son autorité (autorité naturelle, de compétence, directive…). La graphologie permet de déterminer si le candidat est évolutif et peut accéder à d'autres responsabilités.

En revanche, la graphologie s'interdit de poser des diagnostics ou de se prononcer sur un passage à l'acte s'agissant de failles décelées chez un candidat (par exemple la violence). Elle ne peut qu'évaluer une tendance, car le passage à l'acte est conditionné par de nombreux facteurs qui peuvent interagir. Il ne s'agit là que de probabilités : la prudence est de rigueur dans ce domaine.

Comment les candidats perçoivent-ils l'analyse quand elle leur est restituée ?

Les candidats apprécient l'apport de la graphologie à plusieurs niveaux. En mettant en évidence des éléments de leur personnalité, elle leur permet de mieux se connaître et de mieux formaliser leurs points forts, leurs capacités, leurs facultés d'adaptation. Elle permet également de pointer leurs points sensibles et leurs axes d'amélioration.

Cette prise de conscience les aide à identifier clairement leurs atouts, et à écarter éventuellement les postes qui ne seraient pas en adéquation avec leur personnalité.